Goule La
  • Éditeur québécois

Elle est laide, d’une laideur à faire trembler.

Pourtant, elle n’y est pour rien. Elle est victime de la nature, d’un ADN modifié. Son nom est Sonia. À son insu, les gens la surnomment la goule.

Elle en a hérité les traits et le physique : la peau vert sombre, la tête difforme, le nez longiligne et bosselé, les yeux profonds dans leurs orbites, le dos courbé, les mains frêles, les jambes et les pieds crochus. Un monstre ?

Malgré tout, elle mène une vie respectable, comme elle l’a désiré depuis son enfance. Contrairement aux croyances populaires, elle ne s’est pas terrée au domicile de sa mère et elle ne s’est pas apitoyée sur son sort. Elle ne s’est pas laissée abattre. Elle a montré beaucoup de volonté et de courage, traversant un chemin parsemé d’embûches.

Depuis des lunes, les contes et les récits fantastiques sont considérés comme des histoires merveilleuses qui alimentent l’imaginaire débridé des êtres humains. Or, les situations et les images sont souvent associées à la réalité, nuisant du même coup à la qualité de vie de certaines personnes. En ce sens, Sonia a été une victime de l’imaginaire et des légendes.

Exagération méprisable et non punie.